La Porte / The Door (2009)

[English below]

« Une chambre au décor vieillot mais propre : un lit, une commode, un évier, un réchaud et un papier peint qui tombe en lambeaux. Un homme s’installe avec ses maigres possessions dans ce petit univers restreint et laisse le temps passer au son du tic tac de l’horloge qui égrène les jours. Durant ce temps, il découvre derrière le papier peint une porte oubliée et verrouillée. Que peut-elle bien cacher ? Prisonnier de l’exil qu’il s’est imposé, l’homme partage jour et nuit son univers exiguë avec l’énigmatique porte et vient à imaginer les pires menaces qui croupissent derrière, au point à en oublier le monde extérieur et à négliger sa santé.

Jusqu’au jour où, par hasard, il tombe sur  la clé de la porte.

Mais l’homme hésite à l’ouvrir. Paralysé par la peur qu’il a lui-même cultivée, il reste assis devant la porte, clé dans la main. Trouvera-t-il derrière quelque chose de tout à fait banal, ou la confirmation de ses pires craintes ? »

La porte est un court métrage d’environ 15-20 min. dont le tournage devrait avoir lieu à l’automne 2009.

◊◊◊◊◊

“A room, clean but worn-down: a bed, a dresser, a sink, a hot plate and tattered wallpaper. A man settles in this narrow space with his meager possessions and lets the days trickle by to the ticking of a clock. During that time, he finds behind the wallpaper a door, forgotten and locked. What could it possibly conceal? Prisoner of his self-imposed confinement, the man shares, day and night, his cramped living space with the mysterious door. He comes to suspect the worst dangers watching and lurking behind it, until he comes to forget about the world outside and neglects even his own health.

Then, one day, he finds the key to the door.

But the man hesitates to open it. Paralyzed by the fear he nurtured, he remains sitting in front of the door, the key in his hand. Will he find behind something entirely mundane and ordinary, or the incarnation of his worst nightmares?”

The Door is a short film of about 15-20 minutes scheduled to shoot in the fall of 2009.

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Published in: on 2009/08/01 at 16:15  Leave a Comment  

Guide du cinéaste économe / Guide to frugal filmmaking

Pour être sûr d’obtenir du financement, faut-il en demander trop ? / To make sure you get funding, do you have to ask for too much?

https://rightbrainproductions.wordpress.com/

[English below]

Kevin Smith a tourné Clerks, un classique du cinéma indépendant, pour moins de 30 000 $ dans le dépanneur où il travaillait. Faute de moyens, ils ont dû tourner la nuit et ont inventé un prétexte pour garder les volets fermés afin de cacher le fait qu’il faisait nuit dehors (dans le film, le personnage perd la clé).

Le film Paranormal Activity a tourné pendant sept jours et a coûté environ 11 000 $.

Blair Witch Project a été fait pour la modique somme de 22 000 $. Ses rendements phénoménaux lui ont valu une place dans les records Guinness.

Il y a beaucoup d’autres exemples de films financés avec des cartes de crédit, tournés avec un caméscope bon marché, réalisés pour quelques milliers de dollars pour un long métrage, voire moins de cents dollars pour un court métrage. Certains (comme les exemples cités plus haut) sont devenus des francs succès auprès des critiques et du public. Il semblerait donc que de faire preuve d’économie et de débrouillardise dans l’élaboration de votre budget vous mériterait des éloges.

Il semblerait que non, bien au contraire.

Pour un cout métrage de 5 à 10 minutes qui devait tourner au printemps 2010, j’avais calculé cinq jours de tournage, huit à dix comédiens de l’Union des Artistes (du premier rôle au figurant), des techniciens de l’AQTIS, des déductions salariales en bonne et dûe forme, la location de l’équipement et des lieux, les assurances, la nourriture, etc. Je me suis même donné un salaire à titre de producteur, réalisateur et monteur (une précaution: ce salaire sert toujours à couvrir les imprévus). J’ai ensuite gonflé le budget d’environ 20% pour lui donner une marge de sécurité. Au total : 40 000 $. Ma première réaction fut de réviser le montant à la baisse de peur que les agences de financement ne s’indignent d’un tel excès, mais j’ai résisté. Je pourrais toujours remettre le montant inutilisé.

Deux mois plus tard j’essuyai le refus de la SODEC. Bien qu’ils aient adoré le scénario (” Un véritable coup de cœur ! ” ont-ils dit), c’est le montant du budget qui fit couler le projet. J’en étais sûr ! J’avais été trop avare en voulant dépenser impunément les fonds publics ! ” Quarante-mille nous semble trop peu. ” me dit au contraire la représentante, qui a plutôt l’habitude de voir des budgets de soixante-quinze mille dollars pour des courts métrages. Je restais bouche bée alors qu’on m’invitait à présenter le projet à nouveau après avoir doublé le budget.

Trop peu d’argent ! J’examinais à la loupe chaque sous déboursé, alors que j’aurais dû dépenser sans compter. Sans doute mon approche du cinéma indépendant diffère-t-elle un peu de la norme : j’ai dû, par nécessité, porter les chapeaux de producteur, réalisateur, caméraman, éclairagiste, preneur de son, monteur, etc., et ce faisant j’ai appris l’importance d’être débrouillard et, surtout, économe. Pour La Porte, j’ai transformé mon salon en logis de chambreur : une fausse porte donne en réalité sur un mur de brique; la peinture et le papier peint ont été offerts par un commerçant; le faux mur est construit à partir de vieux panneaux publicitaires qui vantent les voyages dans le sud; et les meubles sont prêtés par l’Armée du Salut. Par contre, un petit café du coin a été loué dernièrement par une production québécoise pendant vingt-quatre heures au coût de 3 000 $. Le cachet unique en valait bien la peine, me suis-je dit, mais j’ai appris par la suite que tous le décor a été refait à grands frais pour les besoins du film.

La SODEC désire, d’abord et avant tout, financer des productions qui engagent des artisans en leur payant des salaires selon les normes de l’industrie – une noble et respectable initiative. Mais pourquoi louer un café et refaire tout le décors, alors qu’on peut louer un local commercial pour le sixième du prix ? Pourquoi louer des projecteurs quand il coûte moins cher de les acheter ? Pourquoi construire à grand frais un décor qui finira au dépotoir après le tournage, quand on peut réutiliser des matériaux dont veulent se débarrasser des entreprises locales ?

Je songe à ces petites productions artisanales de quelques minutes dont le budget dépasse le salaire annuel de la majorité des gens. Je m’étonnais devant le générique qui prenait presque aussi longtemps que le film lui-même à faire défiler les noms des assistants, des premiers assistants, des seconds assistants et même des assistants pour les assistants. Je me demandais comment ils avaient bien pu mettre tout ce monde à l’ouvrage pour une si courte production. Maintenant je crois qu’ils ont plutôt dû trouver un moyen de dépenser le double de ce qu’ils avaient vraiment besoin afin de se faire prendre au sérieux.

N’importe quel cinéaste au Québec et au Canada vous dira qu’il est difficile – très difficile ! – de financer un film. Et si on parvenait à couper de moitié les budgets, n’arriverions-nous pas alors à en faire deux fois plus ? Il s’agit de faire preuve d’un peu d’imagination et de débrouillardise.

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Kevin Smith shot Clerks, a classic of independent cinema, for less than $30,000 in the convenience store where he worked. Because they had to film at night, they had to invent a pretext to keep the shutters closed to hide the fact that it was dark out (in the film, the character loses the key).

Paranormal Activity shot during seven days and cost about $11,000.

Blair Witch Project was made for the ridiculous sum of $22,000. The phenomenal return on that investment earned it a place in Guinness World Records.

There are several more examples of films financed with credit cards, shot on a consumer camcorder, produced for a few thousand dollars for a feature and less than a hundred dollars for a short. Several of them (such as the examples listed above) went on to receive critical and financial success. It should then follow that being frugal and self-reliant when budgeting a film would earn you extra points.

On the contrary, it would seem.

For a short film of about 5-10 minutes that would have been made in the spring of 2010, I had planned five days of shooting, eight to ten actors from the guild, AQTIS technicians, proper payroll deductions, equipment and location rentals, insurance, catering, etc. I even gave myself a salary as producer, director and editor (a formality, as this usually serves to cover unexpected expenses). I then added an extra 20% as a safety margin. The grand total: $40,000. My first impulse was to lower the budget for fear that the funding agencies balk at such extravagance, but I resisted the urge. I could always give back any unused amount.

Two months later, I received word that SODEC had turned down my application. Although they loved the script (“A favourite!” they called it) it was the amount of the budget that ultimately sank the project. I knew it! I’d let greed get the best of me and tried to squander public funds! “Forty thousand seems so little” said the representative unexpectedly , who is more accustomed to budgets of around seventy-five thousand dollars for a short film. I remained speechless as she proposed that I apply again, this time with double the budget.

Too little money! I was counting every penny when I should have been spendthrift. My approach to independent filmmaking probably differs from the norm: I’ve had, out of necessity, to act in turn as producer, director, cameraman, lighting technician, sound technician, editor, etc. and as a result I’ve come to appreciate the necessity of self-reliance, and most of all frugality. For The Door I transformed my living room into that of a boarding house: a door actually conceals a brick wall; paint and wallpaper were donated by a local business; a fake wall was built from old advertising billboards promising a tropical paradise; and the furniture was on loan from the Salvation Army. Alternately, a local café was recently rented for 24 hours by a Quebec production at the considerable cost of $3,000. I thought the considerable charm of the place made it worth it, until I learned that the interior décor was entirely re-done at great expense to fit their needs.

SODEC insists first and foremost on funding productions that hire professionals and pay them fair salaries – a noble and commendable initiative. But why rent a café and redo the interior when empty commercial space can be had for 1/6th the cost? Why rent equipment when it’s cheaper to buy? Why spend a small fortune to build a set that will end up at the city dump once the shoot is over, when local businesses are only too willing to be rid of materials that can be re-used?

I’m reminded of the countless independent productions lasting only a few minutes of screen time with a budget in excess of most people’s annual salary. I used to be baffled by the credits that lasted almost as long as the film itself, listing all the assistants, first assistants, second assistants and even assistants to the assistants. I would wonder how they managed to keep everyone busy on such a short production. Now, I rather suspect they had to find a way to spend twice the money they actually needed in order to be taken seriously.

Any filmmaker in Canada and Quebec will tell you how difficult it is to get funding for a film. But by cutting budgets in half, we could fund twice as many projects. All it requires is a little imagination and self-reliance.

Published in: on 2009/12/01 at 19:27  Leave a Comment  

Passé l’âge / acting one’s age

[English below]

Deux semaines avant le tournage, j’ai dû interrompre les préparatifs pour La Porte et remettre le projet à une date ultérieure. Tout simplement, comme il est le cas pour la majorité des productions, les dépenses se sont accumulées jusqu’à ce que les fonds se tarissent. Il faudra donc trouver du financement supplémentaire, ce qui n’est qu’une question de temps. Mais puisque le comédien, Paul Ahmarani, ne sera disponible qu’en février 2010, le projet est donc pour le moment sur la glace.

Qu’à cela ne tienne. J’avais entre-temps fait une demande de financement pour un autre court métrage que j’avais l’intention de tourner en mars 2010, et je comptais bien m’y consacrer d’ici là. Mais puisqu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai reçu l’annonce (non officielle) cette semaine que le financement me serait refusé parce que mon application était incomplète. En fait, la raison semblait plus nuancée qu’elle n’en avait l’air et la représentante de l’agence en question tournait autour du pot sans préciser exactement la raison de leur refus. “Les choses seraient différentes si vous étiez jeune créateur” a-t-elle finalement marmotté en faisant référence à leur programme pour les jeunes cinéastes.

Je suis arrivé à comprendre après quelques minutes de plus que mon dossier les rendait perplexes : cinéaste en début de carrière, je n’ai cependant pas entre 18 et 35 ans – deux énoncés qui semblent indissociables pour eux. Après avoir été retenu pour une deuxième évaluation, mon projet n’a finalement pas reçu l’indulgence qu’on lui aurait accordé si j’avais moins de 35 ans. Paradoxalement, parce que je suis plus âgé, on me suggère de me faire parrainer par un producteur expérimenté dans ma demande de financement. “Vous vous mesurez à des professionnels chevronnés. La barre est plus haute” a-t-elle ajouté, comme pour me laisser entendre que dans mon groupe d’âge seulement les pros étaient les bienvenus.

Je ne savais trop comment accuser le choc, car ce n’était ni le scénario, ni la structure financière qu’on me reprochait, mais de vouloir être cinéaste à mon âge. Un scénario médiocre peut être réécrit et un budget trop élevé peut être révisé à la baisse, mais que faire si on vous ferme la porte au nez en majeure partie parce que vous avez quelques cheveux gris ? Le projet d’un cinéaste de 35 ans devient-il moins pertinent le lendemain de son 36ième anniversaire ?

Et pourtant l’agence en question n’est pas la seule. Il existe beaucoup de bourses et de subventions qui excluent les cinéastes au-delà d’un certain âge, même s’ils répondent à toutes les autres critères : être en début de carrière, détenir le contrôle créatif, ne pas avoir produit plus d’un certain nombre d’oeuvres. Le scénario, l’équipe et la structure financière sont de second ordre. C’est comme si, après la mi-trentaine, on s’attendait à ce que vous passiez à des choses sérieuses. Vous n’avez plus l’âge de jouer au cinéaste, il faut vivre avec le choix que vous avez fait plutôt que de pourchasser un rêve ridicule. Il y a la pelouse à tondre, les gouttières à nettoyer et les enfants à reconduire à la pratique de soccer. Il est farfelu de vouloir se réinventer à 40 ans.

Ne serait-il pas juste au contraire de croire que l’âge d’un cinéaste influence la richesse de son oeuvre ? Le vécu et la maturité ne sont-ils pas des ingrédients essentiels ? Pourquoi alors ne pas catégoriser les candidats uniquement selon leur expérience : débutant, intermédiaire ou avancé, tous âges confondus ? Laissons la force de l’oeuvre, plutôt que la date de naissance du créateur, déterminer sa valeur.

La suite est à venir.

◊◊◊◊◊

Two weeks before shooting The Door, I had to put everything on hold until further notice. Simply put, as is more often than not the case in producing, expenses piled up until funds dried up. I will therefore need to find additional funding, which is only a question of time. But since the actor, Paul Ahmarani, won’t be available until February 2010, the project is now on the back burner.

No worries. I had in the meantime applied for funding for another project that I intended to shoot in March of 2010, and I meant to spend time on it. But since bad news never travel alone, I received the (unofficial) notice this week that I would not receive funding because of an incomplete application. In fact there seemed to be more to it than that, and the agency’s representative persisted in beating around the bush without going into the details of their decision. “Things would be different if you were a Young Creator” she finally mumbled, referring to their program for young filmmakers.

I finally understood after a few more minutes that my application confused them: as a beginning filmmaker, I did not have between 18 and 35 years of age – two qualifiers they consider to be inseparable. After having been selected for a second evaluation, my project was finally dismissed without being given the indulgence it might have received had I been less than 35 years old. Ironically, because I am older, it was suggested that I have an experienced producer sponsor me in my application for funding. “You’re up against real professionals. The standards are higher” she added, as if to let me know that at my age only pros need apply.

I wasn’t sure what to think. I wasn’t being told that there was anything wrong per se with the script or the budget, just the fact that I wanted to be a filmmaker at my age. A weak script can be re-written and a bloated budget can be cut, but what can you do if doors close because you have a few grey hairs? Does the project of a 35-year old filmmaker become less worthy the day after his 36th birthday?

Still, the agency in question isn’t alone. There are several grants and subsidies that exclude filmmakers above a certain age, even if they meet all of the other requirements: to be starting out, to retain all creative control and to have produced only a limited number of works. The script, the crew and the budget are secondary. It’s as though you were expected to move on to something serious after your mid-thirties. You’re now too old to play filmmaker, it’s time to live with the choices you’ve made instead of chasing some ridiculous dream. The lawn has to be mowed, the gutters need to be cleaned out and someone has to drive the kids to soccer practice. It’s silly wanting to re-invent yourself at 40.

On the contrary, wouldn’t the age of a filmmaker influence the depth of his work? Aren’t life experience and maturity essential ingredients? Why not simply classify applicants according to professional experience: beginner, intermediate and advanced, without regard for age? Let the quality of a project, rather than the date of birth of the creator, determine its worth.

More to come.

Published in: on 2009/11/14 at 05:33  Leave a Comment  

La Porte : compositrice confirmée / composer confirmed for The Door

Marie-Claire Saindon s’est jointe à l’équipe de La porte. Elle mettra au profit de la production son immense talent de compositrice.

Marie-Claire SaindonÉtudiante  du violon classique, Marie-Claire Saindon s’intéressa à la composition au secondaire, où elle écrivit et produit sa première oeuvre en 2003, Jeanne. Elle se vit aussi publiée par Boosey &  Hawkes en 2006 avec sa pièce Le train d’hiver (2003). Elle compléta ensuite un baccalauréat en composition à l’Université de McGill en 2007 tout en enrichissant son éducation personnelle en musique folklorique et gypsy-jazz/manouche au violon de manière autodidacte.

De retour au Canada après une année de projets socio-économiques en Guyane française, elle est présentement étudiante à l’Université de Montréal dans le programme de la composition de musique de film et multimedia au niveau de la maîtrise, sous la tutelle d’Ana Socolovic et Pierre-Daniel Rheault.”

http://www.myspace.com/marieclairesaindon

Published in: on 2009/09/16 at 14:22  Leave a Comment  

La Porte : directrice artistique confirmée / art director confirmed for The Door

Sandra Djina Ravalia s’est jointe à notre équpe pour la conception et création des décors et costumes, grâce à son CV et portfolio impressionnants.

Sandra Djina Ravalia- La porte

“Diplômée de l’Université Concordia en Arts Visuels et en Conception Scénique avec Honneurs, Sandra Djina Ravalia a oeuvré dans de nombreuses productions théâtrales en tant que directrice artistique, scénographe et accessoiriste.

Elle a travaillé deux années consécutives avec le Festival Nouveau Cinéma, section jeunesse, comme formatrice en film d’animation (2008) et formatrice d’art et directrice artistique (2009).

En parallèle, elle a poursuivi une carrière en Arts visuels, exposant ses toiles en Europe et au Canada. Elle enseigne actuellement les Arts Visuels au Centre d’art La Salamandre tout en poursuivant un deuxième baccalauréat en Communication à l’ Université Uqàm à Montréal.”

www.sandradjinaravalia.com

Published in: on 2009/09/16 at 13:54  Comments (1)  

Brasser la cage / upsetting conventions

[English below]

Hier, je me suis rendu au bureau de l’Association des Producteurs de Film et de Télévision du Québec (APFTQ).

Afin de pouvoir engager des membres de l’Union des Artistes, on exige que vous soyez membre de l’APFTQ et que vous vous engagiez à respecter la convention collective. C’est une bonne cause, il faut protéger les intérêts des artistes (même si le seul fait d’être membre n’a jamais empêché les abus flagrants de la part de producteurs véreux, comme peut vous le dire n’importe quel comédien ou scénariste).

Pour devenir membre, il faut soit avoir déjà produit (comment produire sans être membre…?) ou être parrainé par un membre en bonne et due forme. Mes tentatives pour en savoir plus à ce sujet se sont soldées par un échec lors d’un appel le printemps passé quand on m’a répondu que les consultations avec les représentants étaient “réservées aux membres”…

…(vous remarquerez que l’adjectif “kafkaïen” revient souvent dans ce blogue).

Bon. Le cinéaste indépendant se devant d’abord d’être autosuffisant, j’ai donc appris sur le site de l’APFTQ qu’on peut aussi devenir membre permissionnaire pour la durée d’une production, ce qui ne requiert aucun parrainage – il suffit d’acquitter des frais correspondant à 0,55% du budget total de la production.

J’ai donc rempli le formulaire et joint les documents à l’appui. Mais pour les frais, seuls les mandats ou traites bancaires sont acceptées – catégoriquement aucun chèque. Ils ne sont vraiment pas dignes de confiances, les producteurs ! Puisque je ne voyais pas l’usage de payer des frais de service pour une traite bancaire de 62,08 $ (le pourcentage prescrit pour mon budget de 10 000 $), j’ai insisté pour aller payer en personne. Ils ont accepté de faire exception après avoir hésité – mais surtout parce que, comme on me l’a dit au téléphone avec un brin de méfiance, on était “très curieux” de voir mon projet dont les frais d’adhésion étaient si peu élevés.

Au bureau, j’ai remis à la représentante mes papiers et 62,10 $, en précisant que je ne réclamais pas la monnaie (ma petite blague inoffensive n’a provoqué aucun sourire…). Elle a examiné mon application d’un œil très critique, comme s’il s’agissait d’une arnaque ou si je cachais une caméra. Décidemment, dix-mille dollars pour un court métrage doit être un affront aux conventions ! En l’observant pincer  les lèvres, je n’avais pas le cœur de lui dire que le montant réel de mon budget était en fait 3 000 $, mais que j’avais dû gonfler les chiffres afin de me conformer aux conditions de l’UdA.

La représentante n’a finalement rien trouvé à reprocher à mon application pour le moment. On m’a promis de tout étudier de plus près et de me donner une réponse d’ici une semaine.

Gardons les doigts croisés.

◊◊◊◊◊

Yesterday I went to the offices of the APFTQ (Quebec’s film and TV producers’ association).

In order to hire members of the Union des Artistes (the actor’s union), you must be a member of the APFTQ and agree to abide by the rules of their collective agreement. It’s only fair in order to protect the interests of the artists (although, as any actor or writer can tell you, simply being a member has never prevented producers from committing grievous offenses).

To become a member, you must have first produced (how can you produce unless you’re a member…?) or be sponsored by a member in good standing. My attempts to find out more about these conditions failed last spring when they answered my call by saying that consultations with their representatives were reserved for members only…

…(you might have noticed by now that the adjective “Kafkaesque” pops up numerous times in this blog).

So be it. Since the independent filmmaker is nothing if not self-reliant, I found out on their site that I could also become a signatory member for the duration of a production, which requires no sponsorship – all I needed to do was defray a fee equal to 0.55% of my total budget,

So I filled out the form and included the supporting documents. But to defray the fee, only mail orders or certified cheques were accepted – no personal or business cheques whatsoever. What an untrustworthy lot producers must be! Since I did not see the point of paying service charges for a $62.08 certified cheque (the percentage of my $10,000 budget), I insisted on paying in person. After hesitating, they finally accepted to make an exception – but only because, as they said on the phone, they were “very curious” to see a project with such a low application fee.

At the office, I gave the representative my application form along with $62.10, adding that I did not need change (my harmless little joke did not elicit even a smile). She scrutinized my application as if this was all a practical joke or I was carrying a hidden camera. Apparently, ten thousand dollars to make a short film is akin to spitting in the face of convention! When I saw her pursing her lips, I didn’t have the heart to tell her that my budget was actually $3,000, but that I had inflated the numbers to meet the requirements of the UdA.

The representative didn’t find anything wrong with my application for now. They promised to thoroughly examine it and to get back to me within a week.

Let’s keep our fingers crossed.

Published in: on 2009/08/01 at 17:40  Leave a Comment  

Apprivoiser les commanditaires / taming sponsors

[English below]

Suite aux déboires reliés au financement de La Porte (une dure réalité à laquelle tous les cinéastes, indépendants ou non, doivent faire face), j’ai dû trouver de nouvelles ressources. À défaut d’avoir un oncle riche ou de jouer à la 6/49, je me suis tourné vers le privé. Investir dans un court-métrage est une proposition risquée, puisque les profits sont la plupart du temps inexistants. Et par les temps qui courent, les mécènes se font rares. Je pourrais tenter de convaincre les entreprises que mon film serait vu par un si grand nombre de personnes que la présence de leur marque en serait accrue, mais tout comme les profits la distribution des courts métrages reste, en règle générale, limitée.

En dépit de cette perspective peu reluisante, j’ai décidé de tenter le tout pour le tout et de porter un autre des nombreux chapeaux du cinéaste indépendant : celui du vendeur. Puisque le projet est destiné à une distribution à grande échelle, j’ai contacté les sièges sociaux de plusieurs entreprises locales, nationales et internationales. Malgré leur envergure, plusieurs d’entre elles avaient un programme de commandite accessible et un processus clair et simple pour faire une demande. Cependant, leur refus arriva tout aussi rapidement, en rejetant le blâme sur la situation économique.

Pour ce qui était des éventuels coproducteurs, la situation n’était pas plus reluisante à cause de coupures dans les fonds publics (mille fois merci, Stephen Harper!) et aucun distributeur ne voulait contribuer au financement de l’œuvre avant que la production ne soit complétée (cherchez l’erreur!).

Après avoir essuyé plusieurs refus, j’ai décidé de modifier ma démarche : plutôt que de demander un don, j’offrai de la publicité gratuite dans un film avec un comédien bien connu. Tout ce que je demandais en échange c’était de me prêter des meubles, vêtements et accessoires pendant un mois, que je leur retournerais intacts. Du coup, ils avaient tout à gagner et rien à perdre, et j’obtenais ainsi un apport considérable en accessoires.

La première entreprise que j’ai contactée a accepté sur le champs sans même étudier le projet.

J’ai ensuite rencontré la propriétaire d’un marché d’alimentation près de chez nous que je fréquente depuis dix ans  pour lui parler de mon projet. Même si le siège social avait refusé catégoriquement de fournir de la nourriture pour l’équipe, la gérante accepta volontiers.

La leçon est simple : il vaut toujours mieux rencontrer en personne que de téléphoner un éventuel commanditaire (surtout si vous êtes un client), et une succursale a souvent une politique qui diffère de celle du siège social.

J’ai réalisé qu’il est tout aussi important pour la recherche de financement que pour la recherche de comédiens et d’une équipe, de maintenir un réseau de contacts fiable.

Following my financing misadventures for The Door (a harsh reality that all filmmakers, independent or not, have to live with), I’ve had to find new sources. Since I have no rich uncle and don’t play the lottery, I decided to turn to the private sector. Investing in a short film is a risky proposition, since profits are virtually nonexistent. And rich benefactors are rare in these economic times. I could always try to convince companies that my film would be seen by so many people that the visibility of their brand would be considerably accrued – but much like profits, the distribution of short films remains, as a rule, limited.

In spite of my gloomy prospects, I decided to try my luck anyway and put on yet another hat worn by the independent filmmaker: the salesman’s. Since the film is destined for global distribution, I contacted the head offices of several local, national and international companies. In spite of their sizes, several of them had sponsorship programs that were accessible through a clear and simple process. However, their refusal came just as efficiently, blaming the economy.

As for possible co-producers, the situation wasn’t much better thanks to cuts in federal funding (thanks a lot, Stephen Harper!) and no distributor would advance money to make the film without seeing the final product (find the flaw in this logic!).

After shrugging off a string of rejections I decided to change my approach: instead of asking for handouts, I would offer free publicity in a film starring a well-known actor. All I was asking for in return would be to borrow furniture, clothing and props for a month that I would return in their original condition after the shoot. They had everything to gain and nothing to lose, and I would get free set pieces out of the deal.

The first company I contacted accepted right away without even looking at the project.

I then met with the owner of the grocery store where I’ve been shopping for ten years. Even though the head office turned me down, the manager accepted to donate food for the cast and crew for the duration of the shoot.

The lesson is simple: face-to-face meetings are always better than calling (especially if you’re a customer), and an individual store can have a policy that differs from that of the head office.

I’ve realized that in looking for sponsors, as in looking for a cast and crew, a reliable and well-maintained social network is indispensable.

Published in: on 2009/07/21 at 18:00  Leave a Comment  

Faire plus avec moins / doing more with less

[English below]

Après quatre longs mois pendant lesquels je me suis rongé les ongles et arraché les cheveux, j’ai enfin reçu les décisions du conseil des arts du Canada et du conseil des arts et lettres du Québec pour le financement de La Porte.

Rien.

J’espérais obtenir au moins une partie du montant demandé, mais le refus a été total et sans appel. J’en ai néanmoins profité pour leur téléphoner et en savoir plus sur la raison de leur refus. Bonne écriture, projet bien présenté, un budget raisonnable et un excellent choix de comédien pour le rôle principal, qu’ils disent. Mais voilà, ils ont lu la version préliminaire du scénario que je leur avais expédié de justesse le dernier jour du dépôt, plutôt que la version finale qui a suivi un mois plus tard. Bon. Je n’ai personne d’autre que moi à blamer.

Quand je leur ai expliqué la confusion, on m’a invité à déposer à nouveau en septembre. Mais voilà, même avec une décision favorable au deuxième tour (ce qui était loin d’être une certitude), je ne pourrais pas tourner avant le printemps 2010. Ça fera alors presque 18 mois que je prépare ce projet.

Dix-huit mois pour produire un court-métrage de quinze minutes, c’est long. Plus d’un mois par minute. Beaucoup trop long. Même dans une société où l’espérance de vie se rapproche du centennaire, on ne veut pas passer plus d’un an à se tourner les pouces pendant que des fonctionnaires débattent des mérites d’un court métrage qui ne rapportera aucun profit et ne crééra que dix emplois pendant cinq jours – et encore, aux frais des contribuables ! On aimerait bien passer à autre chose.

Donc, la tâche de financer à part entière la production repose maintenant sur mes épaules, comme pour mes trois premiers courts métrages. J’ai l’équipement et l’expertise nécessaire pour tourner, et des amis pour prêter main forte sur le plateau – qui, en passant, déménage chez moi, dans une pièce consacrée à cet usage. Du coup, j’élimine les frais reliés à l’utilisation d’un studio : loyer, assurances, électricité, traiteur, etc. sans compter le transport d’équipement (et les frais de location du véhicule).

En tenant (comme les fois précédentes) les rôles de caméraman, éclairagiste, décorateur, monteur et autres, je peux donc réinvestir les cachets dans la production. Les offres de services et de produits par les commanditaires contribuent davantage à réduire ma contribution personnelle en liquidité, qui diminue d’un coup de plus de 90%.

Reste les cachets des comédiens, qui ne sont pas négociables. Je peux toujours demander le statut de “production artisanale”, ce qui me permet de différer jusqu’à 50% de ces montants, à condition que les gains du producteur (c.à.d. mon salaire) ne dépassent pas un certain pourcentage du budget. Je crois que “zéro” est bien en deçà de ce montant.

Le défi à relever est de taille : est-ce que j’arriverai à trouver le 10% du budget original qui manque toujours afin de produire La Porte sans aucune subvention ni fond public ?

After four long months of biting my fingernails and pulling out my hair, I’ve finally received word from the Canada Council for the Arts and the Conseil des arts et lettres du Québec regarding funding for The Door.

Nothing.

I was hoping to get at least half the money requested, but their decision was final and with no appeal possible. I called them anyway to know more about their decision. Well-written, good presentation, a reasonable budget and an excellent choice of actor for the leading role – or so they said. But here’s the problem: they read the first draft of the script I sent them in a hurry on the day of the deadline, instead of the considerably polished version that followed a month later. So be it. I have no one but myself to blame.

When I explained the mix-up, they invited me to file again in September. But even with a favourable decision the second time around (which is anything but a certainty), I wouldn’t be shooting until the spring of 2010. By then, it will have been almost 18 months since I began this project.

Eighteen months to produce a fifteen-minute short is long. That’s over a month per minute. Much too long.. Even in a society where life expectancy is nearing the century, no one wants to spend over a year wasting time while bureaucrats debate over the relative merits of a short film that will not make any profit and will only create ten jobs for a week – and even then, at taxpayers’ expense! We’d all like to eventually move on to something else.

So, the task of funding this production  now rests entirely on my shoulders, as was the case for my first three short films. I have the equipment and the know-how required to shoot this film, and friends to help out on set – which, by the way, is relocated at my place in a room dedicated entirely to this purpose. In one fell swoop, I’ve eliminated the costs associated with shooting in a studio space – rent, insurance, electricity, catering, etc. not to mention the trouble of hauling equipment around (and the cost of a truck rental).

By playing the role, as I’ve done before, of cameraman, grip, gaffer, set decorator and editor (among others) I can re-invest the technicians’ fees into the production. Services and merchandise from sponsors also contribute to make up for lost financing, reducing by over 90% the personal cash contribution that I need to make.

All that’s left are the actor’s fees, which aren’t negotiable. I can always ask for the status of “experimental production”, thereby allowing me to defer up to 50% of their fees, as long as my salary as producer does not exceed a certain percentage of the total budget. I think that “zero” falls well within that limit.

The challenge is considerable: can I raise the missing 10% of the original budget and produce The Door without resorting to grants or public funds?

Published in: on 2009/07/06 at 17:35  Leave a Comment  

La Porte : rôle principal confirmé / leading role confirmed for The Door

Nous accueillons à bord aujourd’hui Paul Ahmarani, qui tiendra le rôle principal dans la production La Porte.

Today we are welcoming aboard Paul Ahmarani, who will play the leading role in The Door.

“Paul obtient son diplôme du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1993. Depuis, il a reçu le prix Jutra du meilleur interprète pour les films La moitié gauche du frigo ainsi que Congorama. Les cinéphiles québécois ont aussi découvert les diverses facettes de son talent dans les films Le marais, Comment ma mère accoucha de moi pendant sa ménopause, La vie avec mon père, Un capitalisme sentimental et Mars et avril. Il joue aussi régulièrement au théâtre, notamment dans La tempête, Blasté, Woyzeck et Cœur de chien. À la télévision, il est de la distribution des séries Bunker, Le cirque et La job.”

http://www.imdb.com/name/nm0014133/

Published in: on 2009/06/22 at 16:23  Leave a Comment  

La Porte : rôle secondaire confirmé / supporting role confirmed for The Door

Le comédien Dave Cimon-Ouellet jouera le rôle du livreur dans la production “La Porte”.

Dave Cimon-Ouellet will play the role of the delivery boy in “The Door”.

Dave Ouellet-Cimon

“Dave Ouellet-Cimon a quitté sa région natale pour se rapprocher de ses intérêts pour tout ce qui gravite autour des communications, des médias, de la télévision et du cinéma. Durant ses études, il obtient des rôles de figurants dans ”Polytechnique”, ”C.A” et ”The factory”. En 2008, il obtient son premier rôle parlé dans la série “Bob Gratton : Ma vie, my life” à TQS. Il a récemment obtenu un 3e rôle parlé dans la série de sketchs humoristiques de Ben et Jarrod «Le temps d’une molle» destiné à Super Écran.”

Published in: on 2009/06/20 at 16:30  Leave a Comment