Brasser la cage / upsetting conventions

[English below]

Hier, je me suis rendu au bureau de l’Association des Producteurs de Film et de Télévision du Québec (APFTQ).

Afin de pouvoir engager des membres de l’Union des Artistes, on exige que vous soyez membre de l’APFTQ et que vous vous engagiez à respecter la convention collective. C’est une bonne cause, il faut protéger les intérêts des artistes (même si le seul fait d’être membre n’a jamais empêché les abus flagrants de la part de producteurs véreux, comme peut vous le dire n’importe quel comédien ou scénariste).

Pour devenir membre, il faut soit avoir déjà produit (comment produire sans être membre…?) ou être parrainé par un membre en bonne et due forme. Mes tentatives pour en savoir plus à ce sujet se sont soldées par un échec lors d’un appel le printemps passé quand on m’a répondu que les consultations avec les représentants étaient “réservées aux membres”…

…(vous remarquerez que l’adjectif “kafkaïen” revient souvent dans ce blogue).

Bon. Le cinéaste indépendant se devant d’abord d’être autosuffisant, j’ai donc appris sur le site de l’APFTQ qu’on peut aussi devenir membre permissionnaire pour la durée d’une production, ce qui ne requiert aucun parrainage – il suffit d’acquitter des frais correspondant à 0,55% du budget total de la production.

J’ai donc rempli le formulaire et joint les documents à l’appui. Mais pour les frais, seuls les mandats ou traites bancaires sont acceptées – catégoriquement aucun chèque. Ils ne sont vraiment pas dignes de confiances, les producteurs ! Puisque je ne voyais pas l’usage de payer des frais de service pour une traite bancaire de 62,08 $ (le pourcentage prescrit pour mon budget de 10 000 $), j’ai insisté pour aller payer en personne. Ils ont accepté de faire exception après avoir hésité – mais surtout parce que, comme on me l’a dit au téléphone avec un brin de méfiance, on était “très curieux” de voir mon projet dont les frais d’adhésion étaient si peu élevés.

Au bureau, j’ai remis à la représentante mes papiers et 62,10 $, en précisant que je ne réclamais pas la monnaie (ma petite blague inoffensive n’a provoqué aucun sourire…). Elle a examiné mon application d’un œil très critique, comme s’il s’agissait d’une arnaque ou si je cachais une caméra. Décidemment, dix-mille dollars pour un court métrage doit être un affront aux conventions ! En l’observant pincer  les lèvres, je n’avais pas le cœur de lui dire que le montant réel de mon budget était en fait 3 000 $, mais que j’avais dû gonfler les chiffres afin de me conformer aux conditions de l’UdA.

La représentante n’a finalement rien trouvé à reprocher à mon application pour le moment. On m’a promis de tout étudier de plus près et de me donner une réponse d’ici une semaine.

Gardons les doigts croisés.

◊◊◊◊◊

Yesterday I went to the offices of the APFTQ (Quebec’s film and TV producers’ association).

In order to hire members of the Union des Artistes (the actor’s union), you must be a member of the APFTQ and agree to abide by the rules of their collective agreement. It’s only fair in order to protect the interests of the artists (although, as any actor or writer can tell you, simply being a member has never prevented producers from committing grievous offenses).

To become a member, you must have first produced (how can you produce unless you’re a member…?) or be sponsored by a member in good standing. My attempts to find out more about these conditions failed last spring when they answered my call by saying that consultations with their representatives were reserved for members only…

…(you might have noticed by now that the adjective “Kafkaesque” pops up numerous times in this blog).

So be it. Since the independent filmmaker is nothing if not self-reliant, I found out on their site that I could also become a signatory member for the duration of a production, which requires no sponsorship – all I needed to do was defray a fee equal to 0.55% of my total budget,

So I filled out the form and included the supporting documents. But to defray the fee, only mail orders or certified cheques were accepted – no personal or business cheques whatsoever. What an untrustworthy lot producers must be! Since I did not see the point of paying service charges for a $62.08 certified cheque (the percentage of my $10,000 budget), I insisted on paying in person. After hesitating, they finally accepted to make an exception – but only because, as they said on the phone, they were “very curious” to see a project with such a low application fee.

At the office, I gave the representative my application form along with $62.10, adding that I did not need change (my harmless little joke did not elicit even a smile). She scrutinized my application as if this was all a practical joke or I was carrying a hidden camera. Apparently, ten thousand dollars to make a short film is akin to spitting in the face of convention! When I saw her pursing her lips, I didn’t have the heart to tell her that my budget was actually $3,000, but that I had inflated the numbers to meet the requirements of the UdA.

The representative didn’t find anything wrong with my application for now. They promised to thoroughly examine it and to get back to me within a week.

Let’s keep our fingers crossed.

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Published in: on 2009/08/01 at 17:40  Leave a Comment  

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